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Slam, Ségolène Royal et 17 hippies

Pour l'instant, le blogue restera ouvert tant que j'aurai une vie culturelle (à défaut de voyage) qui vaille la peine d'être racontée...

D'abord, cette semaine a débuté sous le signe du slam, avec la finale montréalaise au Lion d'or. Qu'est-ce que le slam? Disons que c'est une forme de poésie orale. Les participants sont généralement des poètes, des conteurs, des rappeurs, des chansonniers, etc. Bref, tous ceux pour qui s'expriment artistiquement par la parole. Dans une compétition de slam, chaque participant dispose de 3 minutes pour réciter son texte sans aucun accessoire ni musique. Ensuite, la performance est jugée par le public (pour la finale montréalaise, j'étais un des cinq juges). Parmi les grands noms des slammeurs en France, nous pouvons nommer Grand corps malade et Abd Al Malik (leurs CDs se vendent au Québec). Au Québec, les compétitions de slam existent que depuis plus ou moins une année.

Dimanche, pour la finale montréalaise (1ère édition), ce sont les finalistes de chaque compétition mensuelle qui avaient eu lieu au O Patro Vys (à tous les 2e lundis du mois) qui étaient présents pour détenir le titre du meilleur slammeur montréalaise. Ce fut une compétition féroce avec des textes sur l'humanité, le quartier St-Henri, les tueries dans les universités, les enfants de 2e génération, la nation zombie, la technofolie, etc. La grande gagnante était Queen Ka qui livre ses textes avec énergie et conviction

Mardi, pour la finale provinciale (ou nationale, dépendant de vos allégences politiques), les quatre meilleurs slammeurs montréalais et les quatre meilleurs de Québec se sont affrontés. Les slammeurs montréalais ont repris leurs textes gagnants, ce qui était plutôt redondant quand ça faisait 3-4 fois que je les entendus... tandis qu'à Montréal, on se donne dans un côté plus social et politique, les slammeurs de Québec semblaient préconiser le côté littéraire (rythme, allitération, assonnance, et autres figures de style). Un texte mémorable parlait de couple, mais en faisant mille et une allusions à la grammaire française. Le grand gagnant était un Montréal, Jean-Sébastien Larouche, qui participera à une finale à Paris.

Mercredi, Ségolène Royal, ex-candidate pour les présidentielles françaises, a donné une conférence à l'Université de Montréal (pavillon Jean-Brillant) sur la francophonie. Je ne vais pas répéter ce que vous avez lu et vu dans les médias les derniers jours. Seulement, j'ai été surpris de l'accueil chaleureux des nombreux étudiants, professeurs et chercheurs sur le campus. J'avais l'impression que c'était une vedette hollywodienne qui était là avec les caméras, les médias et les policiers un peu partout. Nous pouvons voir que nous sommes dans l'ère de la photo numérique, avec tous ceux qui voulaient avoir leur propre photo de Mme Royal. Évidemment, la salle de conférences était pleine, et les organisateurs ont dû ouvrir une salle de débordement (également pleine) pour permettre les gens d'écouter la conférence sur un écran géant. Ce que je retiens de son discours? En fait, elle partait un peu dans tous les sens par moments, mais j'ai compris qu'elle se disait très intéressée par le Québec et qu'elle espérait pouvoir ramener certaines de nos réalisations en France afin de pouvoir rebâtir la gauche française. Elle saluait le génie québécois et son courage dans la préservation du français dans cette mer anglo-saxonne. C'était plutôt particulier de pouvoir enfin d'écouter intégralement des politiciens français en direct... car entendons-nous, avec nos médias, nous n'avons que des brides.

Jeudi soir, après avoir harcelé à peu près tout le monde de mon entourage pour voir les 17 hippies, groupe de 13 berlinois qui font un mélange de musique de l'Europe de l'est, de musique cajun et de chanson française, je suis allé les voir au Divan Orange avec Michel, Laurie et Élyse. Ce fut une performance endiablée! Vraiment, certains artistes devront aller voir les 17 hippies à l'oeuvre pour comprendre que pour donner un bon concert, il ne suffit pas seulement de bien jouer, mais qu'il faut interagir avec le public et démontrer un enthousiasme d'être sur scène (j'ai horreur du côté "je suis un artiste blasé et vous êtes privilégés de m'entendre" qu'ont plusieurs artistes montréalais et français). Malgré la très petite scène, les 13 musiciens ont pu tous jouer avec brio et chacun a pu avoir son moment de gloire. Par petite scène, je veux dire que Laurie et moi, qui étions en avant, avons plus d'une fois failli recevoir une trombone en pleine figure. Une très grande complicité existe entre les membres et c'est la première fois qu'un groupe fait faire des vocalises au public avec des directives à la chef d'orchestre... Et comme rappel, les 13 musiciens sont descendus de la scène et ils ont joué dans le public. Une belle soirée en allemand, en français et en anglais, mais surtout dans cette langue universelle qu'est la musique.

Sites à visiter:

Slam à Montréal: http://slamcholette.blogspot.com/
Discours de Ségolène Royal: http://www.cerium.ca/article4979.html
17 Hippies: http://www.17hippies.de et http://www.myspace.com/17hippies

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