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Festival interculturel du conte du Québec

Ce soir se conclut la dernière soirée de la 9e édition du Festival interculturel du conte du Québec, événement qui se déroule à tous les deux ans. À travers le Québec, des conteurs nous transportent dans un monde imaginaire ou imaginé, aussi bien en anglais qu'en français. D'une salle de théâtre à Lévis, en pleine nature sur le mont St-Hilaire, ou dans un bar de Montréal, les gens sont invités pour le temps d'une veillée aux voyages et à l'inattendu.

J'ai assisté à une veillée celtique (Celtic Ceilidh) au Musée McCord pour entendre trois conteurs, Hugh Lupton, Fiona MacLeod et Mike Burns, narrer des histoires venant respectivement de l'Angleterre, l'Écosse et l'Irlande. Une joueuse d'harpe, Susan Palmer, accompagnait les conteurs. Parmi les contes, nous avons entendu celui de Jimmy, un homme sans histoires, qui se retrouve propulsé dans un autre monde, celui de la naissance du père de Merlin, celui d'un poisson qui accorde des voeux à la femme d'un pêcheur qui en veut toujours plus, etc...

Je vous rapporte ici un conte de Mike Burns (je n'ai pas le talent d'un conteur, mais bon... il fallait être là!):

À une époque assez lontaine, il y avait un roi qui n'aimait pas les menteries. Alors, il émit un édit royal qui interdisait tout mensonge dans son royaume sous peine de pendaison. Bien sûr, ses sujets allaient respecter cette nouvelle loi, mais qu'en est-il des étrangers et des marchands?

Afin de s'assurer que seule la vérité soit prononcée des lèvres des gens, il ordonna que des gardes soient postés devant l'entrée du royaume. Des questions étaient alors posées (l'ancêtre des douanes?) et les gardes pendaient les menteurs.

Un jour, un homme arriva à la porte du royaume. Le premier garde lui demanda sa destination. "Je m'en vais à ma pendaison," répondit l'étranger. "C'est faux, c'est un mensonge," dit le garde.

Le deuxième garde fit alors la remarque que l'homme disait présentement la vérité...

Cette ambiguité causa la fin de cette loi interdisant le mensonge.

 

Parmi les autres événements du festival, j'ai assisté au Café Utopik un micro libre pour des conteurs amateurs. Personnellement, je n'ai pas trop embarqué. C'est à ce moment-là que je me suis rendu compte que conter est un art en soi. Pour accrocher le public, il faut plus qu'une histoire. Il faut savoir doser le ton par l'humour, les pauses dramatiques, la surprise, et bien plus encore.

En passant, je vous conseille d'aller chercher le livre-DVD "Montréal démasquée" de Jean-Marc Massie, qui lance son livre ce soir au Sergent Recruteur (c'est complet malheureusement). De l'androgyne primordial dans le Village (reprise adaptée du récit d'Aristophane sur l'origine de l'amour) à Raoul, nous sommes transportés dans ce Montréal magique qui ne figure pas dans les guides du routard! J'ai assisté à l'enregistrement de ce spectacle l'hiver dernier, et j'en ai encore de bons souvenirs de cette veillée de conte.

 

Petit rappel: la 21e édition de Coup de coeur francophone débute le 1er novembre à Montréal. Pour la programmation complète, allez sur le site http://coupdecoeur.qc.ca

Parmi les spectacles qui retiennent mon attention, il y a Renan Luce (chanson française), Émilie Proulx (folk québécois), Moriaty (groupe folk composé de musiciens américains, français, suisses et vietnamiens), Saule (nouvelle chanson belge), Watcha Clan (dub mondial), le Husky (chanson moderne pour cyniques romantiques), Semtazone (nouvelle scène française). Il y a d'autres trucs intéressants, mais je vous laisse le plaisir de découvrir les artistes qui joueront au festival.

 

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