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Solidays

Bon, quoi de neuf avec moi durant les derniers jours ?

Durant toute la fin de semaine, j'étais au Solidays. C'est un festival sur la solidarité pour la lutte contre le SIDA. Donc, pendant trois jours, de nombreux concerts sont donnés avec des interventions sociales sur le sujet entre les spectacles. Il y a plusieurs kiosques d'information sur ce problème de santé. Le festival s'est déroulé à l'hippodrome de Longchamp, dans le Bois de Boulogne (à Paris).

Vendredi

Je suis arrivé au Bois de Boulogne vers 15h avec Ben. Nous avons entendu pendant un certain pour avoir un site pour pouvoir camper. En plus, le ciel était nuageux et des petites gouttelettes nous tombaient dessus. Finalement, après environ une heure de niaisage intensif, nous avons finalement pu nous installer. J'avais emprunté la tente de Sansan. Evidemment, j'avais oublié de lui demander comment monter sa tente. Donc, je me suis retrouvé à la monter à l'envers (ce qui est sensé être à l'intérieur s'est retrouvé à l'extérieur). Très pratique...

Nous nous sommes rendus à l'intérieur de festival. Nous avons d'abord assisté à un concert d'un groupe du nom de Ghinzu. Ils chantent en anglais et c'est du pop-rock avec un petit son blues... J'ai bien aimé. Bonne énergie mais rien à tout casser.

Après cela, ce fut le spectacle de Mickey 3D. La scène où ils jouaient était un peu mal faite car c'était sous un dôme, donc difficile d'accès quand il y a plein de gens. Egalement, la scène est beaucoup trop basse. Ce qui signifie que pour un gars de ma grandeur, on ne voit pas grand-chose. J'ai pu quand même suivre un peu sur l'écran géant. Ben est parti après 20 minutes car il trouvait que c'était toujours le même rythme. Avec Mickey 3D, c'est surtout les textes qui me font tripper. La musique, j'aime bien mais j'avoue que le chanteur a plus tendance à parler que chanter. On a eu droit à une version un peu plus énergisante et rapide de la chanson « Respire ». Pour ceux qui ne connaissent pas cette toune, allez sur leur site officiel (tapez Mickey 3D dans Google). Ensuite, téléchargez le vidéoclip de la chanson. Vraiment, c'est écoeurant. Pour en revenir au concert, une heure n'est pas suffisante pour Mickey 3D. Vraiment, c'est à revoir.

Ensuite, nous avons attendu Cédric, Geneviève et Arnaud. J'en ai profité pour m'acheter de quoi à manger (évidemment, ça finit toujours avec un kébab avec des frites dedans).

On s'est dirigé ensuite vers le spectacle de Sinsemilia. Je n'ai absolument rien vu du concert étant donné ma grandeur (oui, les Français sont grands). Aussi, tout le monde s'empressait pour aller sous le dôme car il commençait à mouiller assez fort. Bref, j'ai entendu un bout du show. C'est du reggae. Beaucoup d'énergie. Les gens dansent intensément. Par contre, je n'étais pas assez attentif pour porter un bon jugement.

En fait, j'ai quitté à la moitié du spectacle pour me diriger vers la scène où aller jouer Patti Smith. Pour ceux qui ne la connaissent pas, elle est considérée comme une légende du rock new-yorkais dans les années 70 et 80. Ca fait depuis le secondaire que je connais ces chansons et jamais j'aurai cru que j'allais un jour pouvoir la voir en spectacle sans que ça me coûte une fortune.

Comme il pleuvait, il n'y avait pas beaucoup de gens qui attendaient devant la scène extérieure. J'ai donc pu me trouver dans la première rangée, contre la clôture, en face de la scène. Elle est arrivée dans les environs de 22h30.

Vraiment, pour une femme dans la cinquantaine environ, elle a vraiment beaucoup de voix et d'énergie. Elle est réellement une bête de scène. Pendant une heure et demie, elle nous a livré ces meilleures chansons avec enthousiasme. Entre les chansons, elle criait des messages d'espoir pour la lutte contre le SIDA, en parlant d'un de ses amis qui est mort de cela. Elle a aussi dit qu'il fallait changer nos mentalités et éviter que le monde soit dirigé par des George Bush. Avec des chansons comme « Dancing Barefoot », « Gloria » et « Because the Night », j'étais transporté dans une autre époque et je me serai réellement cru à Woodstock avec la pluie battante. D'ailleurs, la pluie s'est arrêtée au milieu du concert et elle de nous dire, dans un accent new-yorkais, « Le pluie est perdu ». Bref, ce concert entre dans mon top 10 des meilleurs shows que j'ai vu dans ma vie. Ce fut nickel comme show.

Par la suite, nous nous sommes retournés au campement. Evidemment, comme ma tente était à l'envers, c'était un peu inondé d'eau. J'ai donc dormi un peu dans un sac de couchage mouillé... Très agréable. Mais avant ça, nous avons mangé et parlé jusqu'à très tard dans la nuit. Il y avait tout plein de gens qui dansaient avec des écouteurs sur les oreilles. En fait, ça s'appelle du « Silent Disco ». C'est comme dans une boîte de nuit, sauf qu'on n'entend pas la musique. Tout le monde a un casque d'écoute (tout le monde a la même musique dans les oreilles) et danse. En fait, de l'extérieur, c'est assez hilarant comme vision.

Gege et moi avons continué la conversation en gueulant un peu à travers nos tentes tandis que les Français essayaient de dormir. Bref, ils ont entendu nos super conversations comme « C'est quoi tu mets comme déodorant »...

Samedi

Le soleil est enfin revenu. Nous avons déjeuné dans l'herbe à côté de nos tentes. Shirley, Romain et Bruno sont arrivés à ce moment-là. Ce fut du gros « vedgeage » jusqu'en après-midi. Pourquoi nous nous sommes réveillés tôt ? Car il y avait un moron qui gueulait dans un haut-parleur (c'était un animateur de Radio Camping) à toutes les cinq minutes. Vous savez, les animateurs avec une voix énervante avec de la fausse joie...

Nous nous sommes rendus dans les zones de concerts vers 16h. Nous avons d'abord vu Svinkels. C'est archi mauvais. C'est du rap (déjà, en partant, je n'aime pas trop comme style de musique). Ce sont des textes sur l'alcool et le cul et la drogue. Rien d'original. C'est un peu dans l'esprit de D-Natural, version française. Bref, très mauvais et ça te fout un mal de tête après.

Ensuite, ce fut le Patchwork des noms. Des artistes montent sur une scène et nomment des gens qui sont atteints (ou sont morts) du VIH/SIDA.

Je suis ensuite allé voir les Ogres de Barback. Vraiment excellent. Le show qu'ils ont donné aux Francofolies de Montréal l'année passée, c'est de la petite bière à ce que j'ai vu aux Solidays. Tandis qu'à Montréal les gens ne connaissent pas trop ça et ne font que taper des mains en écoutant la musique et les paroles, à Paris, c'est tout simplement dément. Le trash est très intense. Pendant plus d'une heure, je trashais avec la foule entière (car je doute qu'il y a eu un coin plus calme dans le foule). Evidemment, il y avait aussi des gens qui faisaient du bodysurfing. Les Ogres ont joué avec la Fanfare de Belgistan. Vraiment trop intense. Les chansons défilaient l'une après l'autre sans vraiment donner un temps de répit. Bref, je suis sorti de là complètement épuisé et couvert de sueur (avec un beau chandail tout trempe).

On s'entend que ça fait plusieurs shows en peu de temps et que ce n'est pas fini. Nous nous sommes reposés dans l'herbe en dînant (soupant) en écoutant au loin le concert de Luke, ensuite de Saez. Les deux sont du rock français, un peu comme Noir Désir par moment (donc un peu sombre et mélancolique). Pas été très attentif mais j'écouterai volontiers des extraits sur Internet quand je reviendrai à Montréal.

Nous avons vu un bout du concert de Garbage. Je croyais que ce groupe n'existait plus depuis quelques années. Finalement, ils font carrière à l'international. Je n'ai jamais trop aimé Garbage. Ce n'est pas mauvais mais bon...

Ensuite, ce fut le concert des Têtes Raides. Avant les Ogres, la Rue Kétanou, Polémil Bazar et tous ces groupes de la nouvelle scène française, il y a les Têtes Raides. Des textes intelligents et mordants sur une musique particulière avec tout plein d'instruments. J'ai quelques disques à Montréal. J'ai bien aimé mais comme ça fait plus de 10 ans qu'ils existent, je ne connaissais pas toutes les chansons...

Finalement, je suis allé voir la Rue Kétanou. C'est environ la 3e ou la 4e fois que je les vois. Toujours aussi bon. Il y avait des gens en masse. Ils ont joué surtout des trois albums (pas trop de chansons inédites contrairement à d'habitude). Comme toujours, le concert a fini avec « Les hommes que j'aime » et « Les mots ». J'ai pensé à Justine et Annie pour ces deux chansons respectivement. Et j'ai partagé un petit Amsterdam avec Egline, une fille avec qui je travaille à l'hôpital. Elle fait présentement un stage en psychologie. Et pour ceux qui se le demandent, non, ce n'est pas très fort en France. Je dirai que ça ne m'a fait aucun effet. Comme quoi, on en cultive du meilleur au Québec. Et je tiens à rassurer mes parents que je fume très rarement car je tiens à pouvoir continuer à courir et nager sans m'essouffler pendant longtemps. Ca fait parti des expériences de vie (et de voyage). Bref, comme quoi, je ne me censure pas vraiment dans mes propos sur ce blogue...

Nous sommes revenus au campement et nous avons encore jasé, bu et mangé. Gege, Arnaud et moi sommes allés se coucher vers 4h-5h du matin. On a eu une conversation avec un Français vraiment con. Il se foutait de notre gueule avec notre accent en criant « Caribou !!! » et ne semblait pas comprendre que nous nous ne considérons pas Canadiens mais Québécois. Qu'on fasse l'erreur, ce n'est pas si grave. Ce n'est pas un fait connu du monde entier. Mais qu'on te gosse avec ça et qu'on te prend pour un colon qui coupe du bois tout en chassant l'orignal, ça passe moins. Par exemple, je ne vais dire à un Breton ou à un Corse qu'il est Français. Et ça fait chier qu'on se moque d'un peuple sans rien connaître d'eux autres. Vraiment, c'était comme l'Anglais (William) dans l'Auberge Espagnole. Arnaud l'a un peu envoyé chier un peu avant que je me frustre réellement (disons que quand j'ai crié « Heille ! On n'est pas Canadiens, ça fait 20 fois qu'on te le dit en 5 minutes ! C'tu clair, tabarnak ! », on a vite compris que je ne suis pas d'humeur à plaisanter sur ce sujet.)

Dimanche

L'accumulation des derniers jours s'est fait tranquillement ressentir. J'ai fait un peu la grasse matinée dans ma tente. Après une douche assez froide (mais ça fait quand même du bien quand on est en camping), je suis sorti un peu de mon coma (comme dirait Ben). Nous avons serré nos bagages, nos tentes, etc. Nous avons tout mis dans la tente à Ben car il allait encore rester une nuit au campement. Nous sommes allés voir Debout sur le zinc. Un peu comme tous les groupes de la nouvelle scène française, c'est une formation composée de violoniste, d'accordéoniste, etc. avec des textes intéressants. Très appréciable. Geneviève qui ne connaissait pas ça pense même se procurer les disques éventuellement.

On s'est promenés un peu partout dans le festival, dont le village associatif où se trouvent tous les kiosques d'information sur le SIDA, le VIH, etc. On a participé à un « dying ». En gros, ça consiste à se coucher sur la pelouse et faire le mort. Ca a duré quelques minutes et c'est un symbole pour le silence qui tue...

On a vu moins de concerts car ça en fait beaucoup en peu de jours.

Les gens repartaient chez eux peu à peu. De notre groupe, il ne restait que moi, Ben et Cédric. Shirley et Romain sont repartis durant le show de Calogero, qui est le Wilfred Lebouthiller français. Donc, chansons sans profondeur qui est là pour son beau minet.

On a vu un bout du concert de Prohom, un groupe lyonnais qui font du rock. Assez bon, disons, assez pour m'acheter le disque éventuellement. Ils sont déchaînés sur scène et c'est quand même assez intense.

Ben et moi sommes allés avoir après Kassav', un groupe qui font de la musique des Caraïbes et des Antilles. Comme j'adore cette musique, je suis resté durant tout le concert (sauf pour la dernière chanson). Ils sont une dizaine sur scène et ils font participer énormément la foule. Autres le tapage dans les mains, il y a des petites « chorégraphies » et des paroles à répondre.

Le dernier concert que j'ai vu (et il était environ 21h) ce fut Matmatah. C'est un groupe qui fait également du rock. La chanson la plus « connue », c'est « L'apologie ». D'ailleurs, c'est une chanson que Justine adore et qu'elle danse intensément au Café Campus (à Montréal) tous les dimanches depuis plusieurs mois. Le show était moyen. Plusieurs chansons en anglais (et vraiment, il devrait avoir une loi interdisant les Français de chanter en anglais car l'accent « frenchy » est juste horrible à l'oreille... les Québécois ont un « bel accent » comparativement... je ne suis plus capable d'entendre « ze » au lieu de « the »). Ils ont joués des chansons comme « Emma », « Lambé an dro », « La fille du chat noir », etc. Par contre, ils n'ont pas joué « L'apologie », malgré à la demande assez forte du public. Selon eux, ils sont au festival pour sensibiliser les jeunes à la cause du SIDA et non les inciter à fumer du cannabis. Bref, ceci fut une déception.

Je suis ensuite retourné au campement attendre après Cédric pour revenir à Montgeron. Cependant, il était reparti sans moi (sûrement trop fatigué). Je suis donc revenu en métro et en train avec tous mes bagages...

J'ai d'ailleurs croisé un gars dans le train du nom de Romain (un autre) qui habite à Yerres (la ville voisine à Montgeron). Nous avons parlé de la Bretagne (car il est Breton) et du mouvement indépendantiste là-bas. Les similitudes entre les Bretons et les Québécois sont assez fortes. Ils ont leur propre drapeau, leur propre langage, une musique propre à eux, etc. Bref, une société distincte, comme nous. Il est sensé de me rappeler au courant de la semaine pour qu'il me fasse goûter au chouchen, de l'alcool breton je crois...

Et en passant, je suis revenu à une heure du matin et je ne me suis pas couché immédiatement car je devais faire mon lavage (si je ne veux pas arriver nu à l'hôpital)... Bref une autre nuit assez courte.

Lundi

Le réveil a été difficile ainsi que le restant de la journée. Il y a eu une petite fête en l'honneur d'une externe qui vient de Madrid qui repart en Espagne. Laura, car c'est son nom, nous a fait boire de la sangria et manger des tortillas. On était environ 6 étudiants (les autres externes, moi et Egline, la stagiaire en psychologie) ainsi que la psychiatre qui l'a supervisait (Dr. Viaux). Bref, la matinée ne fut pas très consacrée au stage (surtout que je suis parti avec Laura au Monoprix acheter la bouffe et la sangria).

Pour ceux qui se questionnent sur mon stage : oui, je travaille. J'ai en fait bientôt tout fini. Il me reste à retrouver les bilans psychologiques pour les tests de QI de quelques patients et j'aurai tous mes résultats. Il ne reste plus qu'à les envoyer à la statisticienne pour qu'elle me fasse une analyse (ça prend 2 jours environ pour elle). Après ça, je rédige mon rapport (une dizaine de pages environ) et c'est fini. Bref, j'ai 5 semaines pour faire ça donc ce n'est pas le gros stress... Et j'ai également fini de traduire mes articles dont je suis co-auteur (il me reste à faire quelques corrections mais rien de trop long).

Bon, je vais arrêter d'écrire mon super roman... De toute façon, si vous m'avez lu jusqu'au bout, je vous lève mon chapeau pour avoir la patience de lire mes délires... Il faudrait réellement que j'apprenne à être concis dans mon écriture.

A la prochaine,

Christophe

P.S. Les photos de la fin de semaine sont ici: http://logik.darktech.org/cpg/thumbnails.php?album=45

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