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Slam-session

Dimanche soir dernier, j'ai assisté à une session de slam poésie au Quai des brumes. En quoi ça diffère des compétitions de slam? En gros, ce n'est pas une compétition.

En première partie, trois slammeurs, Ivy, Tréveur et Hélène Falardeau, ont récité leurs textes à tour de rôle. Ce que j'ai trouvé plutôt drôle et amusant, c'est d'écouter un texte sur la télévision (vous savez, cette petite boîte à images dont les gens ont de plus en plus de rendez-vous avec au lieu de sortir avec des copains) un dimanche soir, alors que la plupart des gens au Québec sont scotchés devant le petit écran à écouter Tout le monde en parle.

Ensuite, c'était micro libre (open-mic) et toute personne avec des textes pouvaient se produire sur scène. Environ une dizaine de gens ont pris leur courage à deux mains pour monter devant le micro. Non, je ne faisais pas partie de ces individus, n'étant ni créateur ni artiste.

Ce qui était agréable, dans une soirée comme celle-ci, c'était la spontanéité. De plus, les gens semblaient apprécier livrer un texte pour le plaisir de la chose, et non pour gagner des points. En effet, cette fois-ci, pas de juges, pas de points, pas de texte chronométré (3 minutes sinon pénalité)... juste la joie du texte oral.

Seul coup de gueule de la soirée, et ça, ce n'était pas spécifique à cette unique occasion, mais une constatation plutôt générale des derniers spectacles, que ce soit de la musique ou du slam, ce sont les personnes qui parlent en même temps. Depuis deux ans, plusieurs individus dans le public ont des longues conversations pendant qu'un artiste est sur scène. Bien souvent, ils enterrent quasiment la personne en avant avec leurs rires et leurs paroles. Je n'ai jamais compris l'intérêt d'aller voir quelque chose, si c'est pour placoter avec son voisin tout le long du spectacle. Je comprends si c'est pour faire des petits commentaires de temps en temps. Or, ce n'est pas le cas. Les gens racontent leur fin de semaine dans les moindres petits détails... Si c'est pour parler, allez dans un bar ou restez chez vous. C'est un manque de respect flagrant pour les gens qui essaient d'écouter les artistes sur scène. Si l'envie de parler est tellement incontrôlable, sortez dehors, réfugiez-vous aux toilettes ou allez dans le vestibule. De plus, ces gens-là ne semblent pas comprendre le message subtil des autres qui leur font "chut!" avec le doigt sur les lèvres... Pour ceux qui s'adonnent à cette activité de parler sans arrêt dans les spectacles, je vais vous traduire ce message si compliqué que les autres essaient en vain de vous communiquer: "TA YEULE, TABARNAK!!!". Est-ce que c'est clair ou il faut vous lancer un verre au visage pour que vous comprenez? Fin de la montée de lait.

Sinon, ce fut une soirée intéressante et je retournerai éventuellement revoir d'autres sessions de slam, avec un bat de baseball, bien sûr...

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