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Simili-revue de l'année 2005

Dans les lignes qui vont suivre, je vais tenter de faire une rétrospective de l'année 2005, en essayant de mettre de l'avant les personnes et les événements qui m'ont marqué.

L'année 2005 a débuté sur un assez mauvais pied. Effectivement, des problèmes de santé accompagnant une démotivation assez intense sur plusieurs plans marquèrent le mois de janvier dans son entier. Ceci était sûrement la conséquence un automne 2004 plus qu'épuisant qui m'avait poussé au-delà de mes limites.

Février m'a fait réalisé que j'allais partir dans quelques mois et que je n'avais pas trouvé de stage encore et que je n'avais absolument rien pour mon voyage (visa, passeport, logement, etc). J'ai appris à mes dépens qu'il ne fallait pas croire l'université quand elle disait qu'elle allait s'occuper de tout. Après des visites fréquentes auprès du coordinateur de stage (on peut quasiment appeler cela de l'harcèlement), j'ai obtenu le feu vert pour faire mon stage à la Pitié-Salpêtrière en pédopsychiatrie. En fait, c'est tout ce que je savais, car la description du sujet était assez nébuleuse.

Tous les universitaires et cégepiens francophones au Québec connurent par la suite la grande grève générale étudiante pour obtenir les 103 millions de dollars enlevés par le gouvernement Charest. La chanson « Libérez-nous des libéraux » des Loco Locass devait jouer environ 5-6 fois par jour durant cette période. Des manifestations et des sit-ins se suivirent et furent entrecoupés par des assemblées générales aux 72 heures. Assez étonamment, le programme de sciences biomédicales est resté en grève illimitée pendant plusieurs semaines. Vers la mi-mars, il y a eut la grosse manifestation à Montréal, avec plus de 100 000 étudiants dans les rues. J'ai même pu entraîner des gars assez non-militants avec moi! Il y a aussi eu le study-in au Complexe Desjardins avec tous les programmes de la santé de plusieurs universités. Des étudiants en médecine, en biomed, en physiothérapie, en médecine vétérinaire, en médecine dentaire et en orthophonie prirent possession de l'endroit de façon pacifique.

Le conflit se régla (si on peut dire ça) vers le 9 avril. La plupart des étudiants accepta l'offre de Fournier au sujet des 103 millions. On retourna donc sur les bancs d'école et on a dû pédaler à fond pour rattraper la matière. Ce fut des cours intensifs et beaucoup de discussion sur comment gérer la fin de la session. De mon bord, je devais également m'occuper de mon stage. Je cherchais désespérément un logis à Paris, ainsi qu'obtenir mon visa, mes billets d'avion et tout le tralala. Mes parents m'ont aidé mais disons que les choses n'avançaient pas assez rapidement. En plus, plusieurs tests médicaux en avril durant les examens finaux me demandèrent de jongler plusieurs affaires en même temps. Bref, ce fut une course folle avant le 26 avril, date de mon long départ pour la France. Tout finit par se régler au cours des dernières 24 heures précédant mon départ. J'obtiens mon visa à midi le 25 avril, je réussis à avoir un logement temporaire chez une certaine Mme Triaud 12 heures avant mon départ, etc.

Je débarqua finalement en terre française, après une année de planification assez laborieuse, à la fin avril. Je commença mon stage quelques jours plus tard. Pour le logement, Sansan Triaud accepta de m'héberger pour le restant de mon séjour pour 200 euros par mois, ce qui est quasiment donné en région parisienne.

Le mois de mai fut marqué par une certaine déprime. Loin de mes amis et de ma famille, de tous mes repères. Ma vie recommença effectivement à zéro. Ce fut assez pénible d'essayer de rencontrer des gens, de créer des liens. Une certaine solitude m'envahissait tout en côtoyant des patients psychiatriques à longueur de journée. Disons que mon Montréal me manquait atrocement.

Ce n'est qu'un mois plus tard que je rencontrais les membres de l'association des cousins, qui essayent de promouvoir la culture québécoise en France. Je participais aux différentes activités et je commençais à m'habituer à la vie européenne. Plus le temps passait, plus que je m'imprégnais de l'endroit et de ces habitudes.

Les deux mois suivants, juillet et août, furent marqués par plusieurs voyages, à Bayonne, à Bergerac, à Brest, à Bruxelles, dans le Loire-Atlantique, etc. J'accueillis également des Québécois, dont Pascal, David et Philippe sur Paris. J'étais rendu à une étape où j'étais beaucoup plus Parisien que Montréalais. Je connaissais les petites rues, les petits endroits cachés de la ville. J'avais pris également le rythme ainsi que le stress (et la vitesse de marche, semblerait-il).

Ceci expliqua pourquoi j'étais aussi déboussolé en revenant à Montréal. Les mois qui suivirent furent une réadaptation à la vie nord-américaine que je n'avais plus vraiment. J'avais trop pris goût à l'Europe que j'en venais à détester cette pensée « Think big! » pour tous les aspects. Disons que la France me manquait. Ce qui rendait encore plus difficile pour redevenir nord-américain, c'était le débarquement des cousins en terre québécoise (c'était à peine s'il y avait un Français qui venait aux 2-3 semaines). À chaque fois, j'essayais d'expliquer la vie ici, tout en comprenant ce qu'ils avaient laissé de l'autre côté de l'Atlantique. J'ai appris plus tard que je n'étais pas le seul à avoir été nostalgique pendant trois mois. En effet, les deux autres personnes en biomed qui étaient en stage en France avaient encore la tête là-bas.

Quelques éléments intéressants durant cette automne qui m'ont fait apprécié mon retour: camping avec Justine et Annie au Mont-Tremblant, voyage à Québec pour visiter David avec Shirley et Pascal, la cueillette de pommes, les vins et fromages avec les gars de biomed chez Guillaume, etc.

Et encore une fois, cette session fut marquée par une autre grève qui dura 6 semaines, cette fois-ci causée par les professeurs de l'Université de Montréal. Encore une fois, ce fut une autre session un peu garrochée. Un peu drôle que j'aurai passé la moitié de mon baccalauréat PAS à l'école...

Je crois que c'est seulement depuis le mois de décembre que je suis finalement content de revenir à Montréal. Le stage m'a également ouvert la porte pour une maîtrise en recherche clinique en pédopsychiatrie. Je débute le tout au mois de janvier, et je travaillerai sur ce projet pour les deux années à venir. Il est également question de finir la recherche en France.

Bref, l'année ne fut pas des plus reposantes. Beaucoup de choses ont bouleversé ma vision des choses. 2005 fut extrêmement riche en expériences, autant à Montréal qu'à Paris. Il est difficile de tout résumer en quelques paragraphes. Dans les tous cas, cette année restera gravée dans ma mémoire.

Et pour finir, voici mes choix de 2005 pour plusieurs trucs :

Film de l'année </strong />: Les poupées russes
Show de l'année</strong /> : ex-aquo : Patti Smith et les Ogres de Barback aux Solidays
Lecture la plus appréciée de l'année</strong /> : L'herbe rouge (Boris Vian)
Exposition</strong /> : Brésil Indien au Grand Palais (Paris)
Album</strong /> de l'année</strong /> :</strong /> Matador (Mickey 3D)

Rencontre la plus surprenante</strong /> : David Livernoche et Romain Cottineau
Pour me sortir de plusieurs problèmes</strong /> : mes parents
Psychologue personnel</strong /> : Guillaume Desrochers
Amitié élaborée en 2005</strong /> : Pascal Dubé
Recrue de l'année dans mon carnet d'adresse</strong /> : Shirley Galland
Guide touristique de l'année</strong /> : Caro Vligen
Compétition amicale</strong /> : Jordan Spattz (académiquement) et Yves Provost (forme physique)
Celles que je n'ai pas pu voir autant que je l'aurais voulu</strong /> : Annie Fournier et Anne Beaulieu
Les personnes qui représentent mon année 2005</strong /> : Sandra Triaud et Gwen Coeur

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