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Parisiens et médecine

Absolument rien de neuf durant les trois derniers jours... Je n'ai pas envie de faire quoi que ce soit... Ceci est un peu normal étant donné que c'était assez intense les derniers temps.

Philippe est encore chez nous. Par contre, c'est un peu plate pour lui car je travaille durant la journée. Donc, il visite Paris tout seul. Le soir, je suis assez crevé donc l'envie de sortir est assez inexistante... Mais bon, ça ne le préoccupe pas trop.

Je pars pour Bergerac demain vers 15h pour aller rejoindre Pascal et Dave, qui travaillent là... Je ne sais pas c'est quoi qu'il y a de prévu mais tout semble aller vers un autre weekend très arrosé et rempli... Il est question d'amener ma tente et mon costume de bain (le normal, pas le speedo)...

Ce soir, Phil et moi avons l'intention d'aller voir un petit show dans un bar. Tout ce qu'on sait, c'est que c'est des chansons de "bouésson"...

A l'hôpital, ça se vide peu à peu... L'unité de jour ferme demain. Certains salles d'hospitalisations sont déjà fermées. Les patients retournent donc chez eux pour les vacances d'été. Le côté "pratique" de mon stage est fini... J'attends que la statisticienne m'envoie les résultats. Donc, je relis des articles et j'ammorce l'écriture de mon rapport de stage... Par contre, j'ai un peu de misère avec les références et où les mettre... J'essaie d'en avoir une cinquantaine...

Trois mois plus tard, qu'est-ce qui est devenu de mon opinion de Paris?

A vrai dire, je ne sais plus trop... J'adore la ville, ce lieu de culture et d'histoire incroyable. J'aime passer mes journées avec des gens. Je me suis rendu compte que je me suis attaché à cette ville. Ce qui fait toute la différence, ce sont les gens.

Il est facile de faire des rencontres quand tu es avec des amis ou d'autres gens. Tout seul, il est très difficile d'aborder un groupe de personnes, que ce soit dans la rue ou dans un bar. Par contre, la minute que tu es deux, les gens sont plus prêts à t'accueillir. Je ne sais pas pourquoi.

Pourquoi j'ai eu une opinion très défavorable des Parisiens pendant tout ce temps? Tout simplement que je ne côtoyais la majeure partie du temps des gens travaillant à l'hôpital. Il est donc normal qu'ils sont stressés et ne prennent pas le temps de socialiser car ils ont un horaire trop chargé. Le dévouement qu'exige le domaine de la médecine est tel qu'il est quasiment impossible de se consacrer à autre chose. Que ce soit entre les psychiatres ou entre les étudiants de médecine, ça ne parle que de psychiatrie. Rien d'autre. Même quand ils parlent à côté de la machine à café, ce n'est que de leur boulot. J'en ai pas vu un qui a décroché de son travail et qui a parlé de son weekend ou du dernier film qu'il a vu. Et quand je m'en vais poser une question aux gens qui se trouvent aux alentours de l'hôpital, la réponse que je n'obtiens, c'est "Je n'ai pas le temps" avant même que je pose la question.

En fait, un externe en médecine, François-Eric, s'est excusé de la part de tous les externes du fait qu'ils ont refusé toutes mes invitations et qu'ils n'ont pas cherché à vouloir socialiser avec moi. Il m'a expliqué qu'en général, les Parisiens vont avoir une réticence de former une amitié s'ils savent que la personne ne va être autour d'eux longtemps. Etant donné que tout le monde savait que je ne restais que pour quelques mois, ils ne voulaient pas créer une relation pour la briser immédiatement après. Il n'a pas été le seul à m'expliquer cela. Les liens sont très forts en France. Ils préfèrent quelque chose de solide que des relations un peu plus superficielles. Ceci est une généralisation et ne s'applique pas à tout le monde mais bon. C'est une explication venant d'un Parisien et non de moi.

Donc, étant donné que je ne rencontre que des gens comme ça à longueur de journée, il est évident que mon opinion est un peu négative. Ensuite, les gens que je rencontrais dans les bars ou ailleurs se disaient toujours trop occupés pour faire de quoi, même prendre un café pendant 30 minutes durant la semaine ou le weekend.

Vivre à Paris, en solitaire, c'est beaucoup plus difficile que si tu connais déjà des gens, que tu as des repères. En fait, c'est un peu comme ça dans toutes les grandes villes.

Autre remarque à faire... Les gens qui visitent Paris adorent la ville car ils ne font que la visiter. Ils sont dans les lieux touristiques la plupart du temps. Il est donc normal que les gens sont beaucoup plus prêts à te servir et à te répondre car ils sont là pour accueillir les étrangers. Aussi, les "vrais" Parisiens ne se promènent pas continuellement autour de la Tour Eiffel. Ils sont en train de bosser ailleurs.

J'ai vu une nette différence entre le Paris touristique et le Paris de tous les jours. Le premier est très agréable et te permet de rencontrer tout plein de gens. Le deuxième est un peu chiant. On s'habitue graduellement.

Bref, j'aime bien Paris. Par contre, je ne pourrai pas y vivre longtemps. Je crois que je pourrai visiter Paris souvent dans ma vie sans me lasser, mais habiter là avec un boulot et tout, je ne crois pas. Là encore, rien n'est coulé dans le béton.

J'ai formé des liens à Paris et en France. Surtout grâce aux Cousins Fringants, j'ai pu découvrir encore plus de gens comme Shirley, Romain, Ben, Cédric, etc. En fait, vous allez sûrement rencontrer Shirley à mon retour car elle va habiter un an à Montréal car elle va étudier à l'UQAM. Je crois qu'elle se prépare mentalement pour notre accent, nos cadenas à code, nos hivers au-dessous de -8°C, etc. J'ai hâte de savoir ce qu'elle va penser du Québec, depuis le temps qu'on lui en parle (son chum a vécu un peu au Québec aussi).

Je le dis et le répète, vivre l'ambiance d'une ville, c'est totalement différent d'en faire une visite. La visite permet de voir l'essentiel et de rencontrer tout plein de gens sans approfondir les liens. Y vivre, ça nécessite un approfondissement un plus difficile et une adaptation. Il faut accepter de laisser une partie de soi.

J'ai eu beaucoup de misère avec ça. Je ne suis pas sorti de l'Amérique du Nord avant cet été. J'accepte finalement que mes valeurs doivent s'adapter aux autres et non l'inverse.

Ah oui, dernière chose... Il est maintenant décidé; je ne vais pas aller en médecine. Mon but: enseigner la biologie au cégep ou à l'université (donc, faire une maîtrise) et faire de la traduction. Je ne suis pas prêt à sacrifier ma vie sociale, culturelle et autre pour une carrière dont je ne suis pas sûr d'aimer. J'ai vu de quoi ça avait l'air en France. J'ai eu la confirmation que c'était pareil au Québec (des échos des gens de McGill) et à Madrid (de l'externe espagnole). Que le stress est envahissant et à moins d'être un génie qui assimile tout d'un coup, tu dois te donner pour ça. La médecine est une passion. Elle doit en être une pour vouloir aider et soigner les autres. Par contre, ce n'est pas la mienne. Et pour ceux qui feraient ça pour l'argent, ils n'auront même pas la chance de le dépenser étant donné que les vacances sont rares. Tu es toujours demandé. Il n'est pas possible de décrocher sans quelqu'un t'appelle sur ton portable (cellulaire). Il y a des étudiants en médecine qui peuvent avoir une vie équilibrée... Malheureusement, je n'en connais qu'un parmi une trentaine...

Donc, désolé, papa et maman, votre fils ne sera jamais médecin. Je préfère être prof. Je crois être fait pour ça. La recherche, je ne durerai pas longtemps dans ce domaine non plus. Je ne veux pas que le travail me définisse... Je veux définir ma job.

Voici la fin de cette petite excursion dans mes pensées...

Christophe

Il y a des photos sur le site à Pascal du weekend dernier: http://logik.darktech.org/cpg/index.php?cat=10011

Ainsi que des vidéos et un autre point de vue de Paris (celui de Pascal, encore) ici: http://logik3.blogspot.com

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