Comment résumer les quatre derniers jours? Le feeling qui me parcourt est assez weird présentement... ça fait un criss de boutte que je n'ai pas ressenti cette sensation de "Wow, j'en reviens juste pas"... (Oui, pour ceux qui ne parlent pas vraiment le Québécois, ce paragraphe est un peu incompréhensible... n'est-ce pas, Shirley?)...
Ca fait déjà plus de deux mois que je suis sur Paris... Le temps a passé rapidement finalement... Et je vais immédiatement paraphraser une phrase de l'Auberge Espagnole (devenu un de mes films fétiches): "C'est en se remémorant que les pires galères vécues lors d'un voyage qu'on trouve le plus rigolo, qu'on raconte le plus"... J'avoue avoir été assez chialeux (râleur) sur mon blog au sujet des Parisiens et de Paris au cours du mois de mai mais bon... Ma perception n'a pas changé mais là, je vois plus ça comme quelque chose de comique que de frustrant...
Mais bon, revenons à nos moutons...
Tout d'abord, lundi et mardi, c'était la fête du cinéma... Comment ça fonctionne? J'achète un billet pour un film à tarif normal... On me remet un passeport et tous les films que je vois après sont à deux euros (et ça, peu importe la salle de cinéma)...
J'ai donc vu: Matador (un film de Pedro Almodovar), Douches froides (un film français) et Musica Cubana (un documentaire sur la musique cubaine contemporaine)...
Matador: Assez weird comme film. En fait, ça raconte une histoire d'un gars dans la vingtaine qui s'accuse du viol et des meurtres de certains gens tués à la manière qu'un matador tuerait un taureau... Les personnages sont assez graves (peut-on dire nécrophilie?)... Evidemment, c'est un film espagnol sous-titré... J'ai bien aimé quoique que c'est flou vers la fin car j'étais juste trop fatigué et je me suis un peu endormi vers la fin du film... J'ai trouvé ça intéressant mais il faudrait que je le revois une journée où je n'ai pas passé 9-10 heures dans un bureau...
Douches froides: Ca raconte l'histoire d'un adolescent judoka à la fin de ces études du secondaire (lycée en France)... Bref, c'est un portrait de personnages assez intéressants... C'est rare de voir des adolescents réalistes au secondaire... Le pseudo-stress des examens finaux au secondaire avec les activités parascolaires et les amours... qui n'a pas vraiment vécu ça? En plus, étant donné que j'ai déjà fait du Teakwondo, j'ai trouvé ça intéressant la petite emphase sur le judo comme fil conducteur... Il n'y a pas de gros drame ou d'histoire à couper le souffle... Ce n'est que la chronique d'un adolescent les dernières semaines avant la fin de son lycée... Bref, si ça sort en France, je vous le conseille...
Musica Cabana: Ici, on suit un gars de la Buena Vista Social Club qui découvre les nouveaux talents cubains de la musique comtemporaire et traditionnelle dans les années 2000. C'est donc un petit documentaire fort sympatique avec des extraits de concerts du début à la fin... Le vieux bonhomme était ému comment il a touché émotionnellement toute une génération et que la musique se perpétue, peu importe les époques... Vraiment excellent comme film... Trouvez-vous un moyen de le voir, ça vaut la peine... J'ai tout simplement adoré.
Bon... passons à des choses plus intéressantes...
Mercredi, soit le 29, j'étais sensé de faire visiter Paris à Pascal (ou LOGIK, l'un des rares qui laissent des commentaires sur mon blogg)... Il s'en vient en France travailler à Bergerac, tout près de Bordeaux... Bref, Shirley et Geneviève (une autre Québécoise qui est revenue en France pour revoir son chum, Arnaud) sont venues me chercher à l'hôpital et nous sommes allés rejoindre Pascal à son auberge de jeunesse. On a entendu un peu longtemps car il était dans une petite réunion pour expliquer aux nouveaux arrivés le fonctionnement de Paris.
Il était accompagné d'un autre gars de Repentigny, David. Arrêtons-nous un peu sur le cas de Dave. Pour l'instant, seul Guigs (Guillaume Desrochers, mon bon vieux pote de l'université) comprend la significance du paragraphe que je suis en train d'écrire. Ce David, donc, est l'un des bons amis à Guigs et j'en avais entendu parlé de lui depuis un certain temps. Je ne l'ai jamais recontré auparavant et c'est à Paris qu'on se rencontre. C'est là qu'on se rend compte que le monde est petit... Et comme ça, Guigs, tu parles de moi à certains gens... Je ne suis pas très content, là... héhé...
Je leur ai fait visité le Jardin du Luxembourg, les cafés de St-Germain-des-Prés pour les grands artistes comme Camus, Sartre, etc (pour David, étudiant en littérature), le Louvre, les Tuileries, les quais de la Seine, la place de la Concorde, les Champs Elysées, et finalement, Montmartre. Nous avons bu du vin de Bordeaux de 2001 sur les marches d'une petite ruelle par très touristique... C'est là que David et moi avons parlé pendant longtemps sur Guigs et les autres gens qu'on connaît par personne interposée... C'est juste drôle de faire ça à Paris mais bon... Et il y a eu la GRANDE discussion sur le Québec et la souveraineté... Pascal, qui dormait un peu à cause du décalage horaire, s'est réveillé et on a continué, assis dans les marches, en buvant du vin, la conversation... Vraiment, un moment fort de la soirée avec des arguments intéressants et tout... j'avoue que c'est un peu biaisé notre affaire car nous sommes trois indépendentistes...
Nous sommes ensuite allés manger dans un petit resto à Montmartre dans les coins de 23h...
Je suis revenu chez moi, il était environ 2h du matin... Et je me suis réveillé à 7h pour aller travailler...
Bon, travailler est un grand mot... J'ai assisté à une réunion de staff où je me suis encore insurgé contre le non-recyclage du service... En effet, j'en avais parlé à les deux Repentignois la veille et comme quoi, je ne suis pas le seul révolté ici...
Après ça, j'ai inventé l'excuse que mes amis se sont perdus à Paris et que je devais les rejoindre... Donc, je suis retourné à l'auberge pour pouvoir continuer la journée avec les deux gars...
Comme il pleuvait, on est restés à vedger dans l'auberge... On a fait un déplacement vers l'hôpital où nous avons bu une autre bouteille de vin dans mon bureau en écoutant des discours de René Lévesque.
Ils sont partis vers Bergerace tout à l'heure, vers 15h... Je les ai racompagnés en disant aux gens de l'hôpital qu'ils ne savaient pas comment se rendre à Montparnasse pour prendre le train... Bref, pas très fort le travail ces deux derniers jours...
En fait, ce qui fait que je me sens bizarre présentement, c'est que j'ai pu voir, en recontrant Dave et Pascal à Paris, comme quoi le voyage m'a un peu changé et tout...
Je me suis rendu compte que je suis devenu réellement blasé et un peu stressé et chiant comme un Parisien... Il y avait les deux gars complètement émerveillés devant les rues et les monuments de Paris tandis que je ne vois plus du tout la magie derrière tout ça... J'étais pressé à tout leur montrer sans faire de pause et en marchant très rapidement tout en faisant des commentaires que ce n'était pas si merveilleux que ça Paris et les Parisiens...
Je n'avais pas vu la transformation avant hier. Je suis devenu le Parisien chiant, pressé, blasé, et râleur. Je me suis rendu compte que je devais de garder mon identité et je suis devenu un peu plus relax quelques heures plus tard...
Autre chose, je me suis rendu compte de l'importance de mon identité québécoise... Je l'ai ressentie de façon très forte durant tout le voyage mais là, avec les discussions politiques et parler de notre amour du Québec, tout ça m'a rappelé qui j'étais et que je suis un Québécois de coeur. C'est mon identité que je chéris très fort. Oui, mes origines vietnamiennes existent et j'ai gardé quelques valeurs comme l'auto-discipline (pas les deux derniers jours mais généralement), le respect de l'autre et des aînés, etc... Et tout ceux qui disent que l'identité est fixe dès la naissance, je ne les crois pas... On accumule les identités... Je me considère comme Québécois, Vietnamien et un peu Français maintenant... Et ceci se voit dans ma façon de parler; j'accumule des particularités linguistiques. J'utilise des expressions québécoises ET françaises. Il m'arrive de parler comme un anglophone, pour avoir étudier deux ans au cégep en anglais. Et j'ai une petite tonalité vietnamienne en parlant... Je ne crois pas à une ou deux choses qui me définissent (ou qui définissent les autres). Je crois que nous sommes un amalgamme de tout ce que nous avons connu. Oui oui, c'est comme dans l'Auberge Espagnole...
Je ne crois pas qu'il y a une contradiction d'être Vietnamien et Québécois souverainiste. Je comprends un peu les enfants d'immigrants qui ont peur de l'anarchie qui pourrait régner si le référendum passerait. Par contre, mon sentiment d'appartenance pour mon pays de coeur est trop fort. Je crois au Québec et sa possibilité d'être une force économique et sociale. Nous avons la forêt, l'eau, le sous-sol, le lait, etc. Nous avons des terres fertiles. La géographie du Québec est parfaite pour faire des exportations. Nous le faisons déjà avec les Etats avec notre hydroélectricité. Et la culture québécoise redevient populaire et reconnue dans les pays de la francophonie. Que les Cowboys fringants aient aussi bien fonctionné en France, ça tient du miracle...
Bon, j'arrête avant d'écrire un autre roman sur mes états d'âme... Je me suis rendu compte avec ce blog que la plupart d'entre vous apprenne des aspects de moi que je n'ai pas souvent révélé au grand jour (surtout mes parents)... Je n'ai absolument aucun regret présentement de ce que j'ai pu faire dans ma vie... De toute façon, il faut bien vivre sa jeunesse... Je refuse de vouloir me dire plus tard, dans dix ans, "J'aurai don dû faire ça à 21 ans"... J'ai appris, avec ce voyage, qu'il faut prendre les occassions qui venaient et ne pas regretter ces choix car ils sont toujours les bons au bout du compte...
Christophe un peu philosophe...